Partager l'article ! Les dysfonctions Sexuelles féminins: Masters et Johnson (1970) distinguent trois types de dysfonctions sexuelles chez la femme : ...
Masters et Johnson (1970) distinguent trois types de dysfonctions sexuelles chez la femme :
- le vaginisme
- la dyspareunie
- le dysfonctionnement orgasmique primaire ou contingent (secondaire).
Le vaginisme et la dyspareunie sont essentiellement des problèmes relatifs à la pénétration alors que le dysfonctionnement orgasmique décrit la femme qui soit n’a jamais éprouvé d’orgasme (primaire) ou qui en a éprouvé au moins une fois (anorgasmie contingente).
Kaplan (1974) suggère une classification différente qui comporterait 3 types de dysfonctions sexuelles :
- la dysfonction sexuelle généralisée (ou frigidité), c’est-à-dire les femmes ne ressentant aucune sensation
- la dysfonction orgasmique, regroupant les femmes qui, tout en parvenant à un certain niveau d’excitation sexuelle, ne peuvent atteindre l’orgasme
- le vaginisme, qui est un problème relié à la musculature périphérique du vagin qui se contracte au point d’empêcher toute pénétration.
Plus tard, Kaplan (1979) ajoute les troubles du désir.
• Le vaginisme
C’est l’impossibilité constante pour une femme d’être pénétrée par son partenaire, du seul fait d’une peur incontrôlable, presque phobique, de la pénétration.
Le vaginisme, contrairement à la dyspareunie (douleur lors de la pénétration), existe le plus souvent, depuis la première tentative de pénétration qui, comme les suivantes, s’est soldée par un échec. D’autre part, dans le vaginisme, la peur de la pénétration est beaucoup plus forte et plus incontrôlable que dans la dyspareunie.
La peur « phobique» de la pénétration déclenche un double verrouillage vaginal : d’une part une gestuelle de recul et de fermeture des cuisses, et, d’autre part, une contraction involontaire des muscles qui entourent le vagin. Si la première barrière gestuelle est tombée, la contraction de ces muscles ferme l’entrée du vagin, rendant ainsi la pénétration impossible.
Sur la table d’examen du gynécologue, le comportement de la femme souffrant de vaginisme est caractéristique : recul de la femme dès l’approche du spéculum, et quasi impossibilité de toucher la vulve et d’écarter les lèvres, avec le spéculum ou le doigt. Tout le comportement de la patiente est bien celui d’une peur presque panique, à la seule idée que le gynécologue puisse introduire un spéculum dans le vagin ou faire un toucher vaginal.
Les causes du vaginisme sont essentiellement d’origine psychologique :
• L’éducation, durant l’enfance, particulièrement dévalorisante en ce qui concerne la sexualité, avec de forts interdits (interdit de la nudité, des caresses affectueuses parentales, de la masturbation, etc.).
• Une culpabilité liée à des attouchements incestueux ou pédophiles durant l’enfance.
• Une première tentative de rapports sexuels particulièrement douloureux ou psychologiquement traumatisants.
• Toutes violences sexuelles quelque soit l’age.
• Plus rarement, une longue période de dyspareunie qui pourra évoluer vers un vaginisme secondaire.
Les traitements :
Un travail sexothérapeutique et psychocorporel favorisant la prise de conscience des causes psychologiques du vaginisme associé à des exercices. Un second traitement sera axé sur la découverte de l’anatomie et de la physiologie, sur un déconditionnement de la peur de la pénétration, et sur un travail concernant les muscles qui entourent le vagin.
• La dyspareunie
La dyspareunie est la douleur que ressent une femme, lors de la pénétration, ou lors des mouvements de va et vient de la verge dans le vagin. Si la douleur survient au début de la pénétration, cette dyspareunie est dite superficielle. Si la douleur n’existe que lors d’une pénétration profonde, la dyspareunie est dite profonde. Une dyspareunie profonde est plus souvent d’origine organique, qu’une dyspareunie superficielle.
Contrairement au vaginisme, la dyspareunie est toujours secondaire, c’est-à-dire qu’elle survient après une période plus ou moins longue de rapports sexuels non douloureux.
Les causes organiques peuvent être des lésions vulvo-vaginales, infectieuses, traumatiques ou trophiques, ou des affections du périnée et du petit bassin. Les causes les plus fréquentes sont :
• Les mycoses vaginales récidivantes.
• Les infections du col utérin.
• L’atrophie vulvo-vaginale post ménopausique.
• Les déchirures périnéales (plus rarement les épisiotomies) suite à un accouchement.
• Les kystes de l’ovaire.
• L’endométriose.
• Les utérus rétroversés.
Les conséquences peuvent donner lieu à une inhibition du désir, une insuffisance de lubrification.
Les causes psychologiques ont parfois des origine psychologique, expression somatique d’un conflit avec le partenaire, des traumatismes antérieures (abus dans l’enfance, expérience de viol…).
Les traitements :
Un travail sexothérapeutique favorisant la désensibilisation progressive de la peur de la douleur, lors de la pénétration, associé à un travail musculaire programmé au niveau des muscles qui entourent son vagin car, dans le cas d’une dyspareunie d’origine psychologique, c’est la contraction de ces muscles qui est responsable de la douleur.
• Les Troubles de l’excitation sexuelle (et de l’orgasme)
DSM IV « Absence ou retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale. Il existe chez la femme une grande variabilité dans le type d’intensité de stimulation nécessaire pour déclencher un orgasme. Le diagnostic tient compte de l’âge, l’expérience sexuelle et de l’adéquation de la stimulation sexuelle reçue. »
Selon C. Crépault, pour que l’orgasme survienne, il faut que l’excitation ait atteint un point culminant. Son relâchement brusque marque le début de la phase orgastique.
Anorgasmie primaire :
La femme ne connaît pas son corps et ses besoins pour ressentir du plaisir.
Elle a besoin d’être renseignée afin de découvrir son corps et sa sexualité.
Anorgasmie secondaire :
Elle est liée à des facteurs comme des problèmes de santé : dysfonctionnement des inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine, sclérose en plaque, intervention chirurgicale, ovariectomie, ménopause, chimiothérapie, carence oestrogénique.
Derniers Commentaires